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Nous l'avons rêvé, nous l'avons désiré ce raid à travers l'Amérique du sud, sur les pas de cet aventurier dont le nom reste gravé à jamais à ce continent. J'imaginais ce jeune Guevara et son ami Granado sur leur Norton dans la pampa argentine. Ce road movie, nous allions dans très peu de temps pouvoir le tourner en format numérique. Nous savions avant notre départ que ce nouveau défi ne serait pas simple : les distances impressionnantes, le relief extrême, les différentes variations météo, mais aussi et surtout les longues et fastidieuses démarches administratives. L' equipe Visa coopération était au départ d'un des plus beaux raids aventures entre Buenos Aires et Caracas retrouvez nos aventures sur : http://www.visacooperation.com

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5/09/2008 - Buenos Aires Caracas 2008 - Buenos Aires
Nous l'avons rêvé, nous l'avons désiré ce raid à travers l'Amérique du sud, sur les pas de cet aventurier dont le nom reste gravé à jamais à ce continent.

J'imaginais ce jeune Guevara et son ami Granado sur leur Norton dans la pampa argentine.
Ce road movie, nous allions dans très peu de temps pouvoir le tourner en format numérique.

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Nous savions avant notre départ que ce nouveau défi ne serait pas simple : les distances impressionnantes, le relief extrême, les différentes variations météo, mais aussi et surtout les longues et fastidieuses démarches administratives.
Samedi 29 mars 2008, notre équipe débarque à Buenos Aires, tous impatients de découvrir l'Argentine.

Nous profitons de cette fin de semaine ensoleillée pour découvrir la capitale. Un petit air de déjà vu, cette ville de 5 millions d'habitants ressemble à nos villes d'Europe, un mélange de Madrid, Barcelone, mais aussi Lisbonne.

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Notre première mission dès le lundi est d'accomplir les nombreuses démarches administratives pour sortir notre 4X4 du port. A ce moment là, nous étions loin d'imaginer le parcours du combattant administratif que nous allions devoir effectuer. Nos craintes en préparant ce périple vont se révéler bien réelles.

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Pour tous ceux qui souhaitent faire acheminer leur véhicule, le maritime réserve très souvent des mauvaises surprises. Je ne vais pas vous énumérer la multitude de disfonctionnements survenu entre deux filiales du même groupe et les nombreuses erreurs commises par une jeune recrut de cette même société transport maritime française.

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Je vais par une petite parenthèse logistique et ces quelques lignes vous donner quelques petites astuces qui feront que peut être vous ne passerez pas une semaine dans de longues et onéreuses démarches administratives, dans un pays dont peut être vous ne maîtrisez pas la langue.

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Nous profitons de cette fin de semaine ensoleillée pour découvrir la capitale. Un petit air de déjà vu, cette ville de 5 millions d'habitants ressemble à nos villes d'Europe, un mélange de Madrid, Barcelone, mais aussi Lisbonne.

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Notre première mission dès le lundi est d'accomplir les nombreuses démarches administratives pour sortir notre 4X4 du port. A ce moment là, nous étions loin d'imaginer le parcours du combattant administratif que nous allions devoir effectuer. Nos craintes en préparant ce périple vont se révéler bien réelles. Pour tous ceux qui souhaitent faire acheminer leur véhicule, le maritime réserve très souvent des mauvaises surprises. Je ne vais pas vous énumérer la multitude de disfonctionnements survenu entre deux filiales du même groupe et les nombreuses erreurs commises par une jeune recrut de cette même société transport maritime française.

Je vais par une petite parenthèse logistique et ces quelques lignes vous donner quelques petites astuces qui feront que peut être vous ne passerez pas une semaine dans de longues et onéreuses démarches administratives, dans un pays dont peut être vous ne maîtrisez pas la langue.
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Avant tout choisir un transporteur digne de confiance qui a une expérience dans ce genre de transport. Un 4x4, ce n'est pas une cargaison de bananes, bien que les deux soient fragiles. Le prix du transport conditionne souvent le choix d'une compagnie maritime, mais encore une fois bien faire préciser si le tarif que l'on vous annonce couvre les frais de débarquement, les douanes, et les différentes taxes appliquées dans le pays d'arrivée.

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Le carnet de passage en douane n'est pas exonéré de certaines taxes et frais souvent fort onéreux. Cette nouvelle dépense dépend en partie du taux de corruption de certains douaniers. A savoir, en Amérique du sud, les effets personnels, les pièces détachées, matériels embarqués dans le véhicule sont assujettis à une taxe.

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Donc il est conseillé d'effectuer une liste du matériel et sa valeur approximative en français mais aussi dans la langue du pays d'arrivée et de départ, de communiquer cette liste avant le départ à la compagnie pour qu'elle puisse faire vérifier par son agence sur place les lois en vigueur dans le pays.Le carnet de passage en douane est indispensable mais il ne dédouane pas son heureux possesseur de certaines démarches.

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Pour tous ceux qui voyagent séparés de leur véhicule, bien calculer votre arrivée avec celle de votre véhicule, en effet dans la plupart des contrats vous avez 7 jours pour faire les démarches et récupérer votre 4X4 au delà c'est payant et ce n'est pas donné.
N'oubliez pas de vous prémunir de liquidité suffisante, la plupart des agences douanières sur places n'accepte ni carte bleue, ni euro, le billet vert est encore la monnaie de référence au sud du Rio Grande.

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Encore une fois, cette parenthèse étant faite, le maritime reste la partie du voyage la plus onéreuse, à ne surtout pas négliger. Notre Buenos Aires Caracas démarre avec une semaine de retard, il faut envisager de modifier notre road book sur sa première partie, nous accusons difficilement cette épreuve car nous avions envisagé de rencontrer les indiens Mapuche à San Martin de Los Andes et les habitants de l île de Chiloe.

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Nous comptions également traiter des problèmes de déforestation du côté de Temeco. Nous devons faire l'impasse sur cette première étape qu'avait effectué Le Che en 1952 pour des raisons qui nous dépassent : nous ne comprenons pas pourquoi il est si difficile de sortir une voiture d'un container ?

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Mais cela aussi fait partie de l'aventure, donc nouvel itinéraire, cap à l'ouest sur les routes de la pampa Argentine direction le Chili et Santiago. Avant tout, il nous faut quitter le port de Buenos Aires. Après une semaine de retard, pas de temps à perdre, c'est dans un vieil entrepôt de banlieue, à l'abri des regards, que trois dockers pas trop regardant déchargent à l'aide d'un feenweek notre précieuse cargaison. Après une vérification des niveaux d'huile, du liquide de refroidissement et surtout des niveaux des deux batteries, je m'empresse de démarrer le Patrol, excité de faire mon premier tour de roues en Argentine.
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Direction le centre ville pour chercher une station service où l'on trouve du gasoil. La grande majorité des véhicules en Amérique du sud roule au super, hormis les camions. A savoir, lors de notre embarquement au Havre, les autorités portuaires demandent que le véhicule embarque avec le réservoir au mini. Mais en Argentine, à ma grande surprise le gasoil est quasiment moitié prix par rapport à la France. Le seul point noir est la fumée opaque qui sort du pot d'échappement, la qualité elle aussi, est au rabais.

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Après avoir retrouvé l'autre moitié de l'équipe et chargé les sacs à dos dans le 4x4, il est 16 h, il nous faut quitter au plus vite Buenos Aires. Cap à l'ouest, ce n'est pas sans regret que nous prenons la direction de la frontière chilienne, Santiago sera notre prochaine étape. Comme dans toute grande capitale, le plus long, en fin de semaine, est d'en sortir. Nous passerons plus de deux heures sur une triple voie dans une circulation folle et désordonnée. L'Argentin est réputé pour une conduite vive et imprévisible, effectivement nous serons doublés de tous cotés par toutes sortes de véhicules, la plupart, d'un autre temps.

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A une station d'essence, nous faisons le plein de gasoil. 2650 pesos argentin soit 20 euros le plein. A ce prix là nous ne comptons pas nos kilomètres !!! Je surveille les niveaux et voyants car la température extérieure même en fin de soirée est assez élevée. Attentif aux moindres bruits, il est plus d'une heure du matin, je suis fatigué, les éclairages mal réglés de nos amis Argentins auront le dernier mot. Improvisation pour notre premier bivouac : nous trouvons enfin une piste en terre, loin des bruits de la route et des regards. Pas facile en effet de trouver un petit chemin dans cette région de la pampa, les propriétaires terriens argentins grands cultivateurs et surtout grands éleveurs ont tout simplement clôturé les terrains sur des centaines de kilomètres.

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Pour notre première nuit dans la pampa, Nico et Philippe prendront les duvets pour une nuit à la belle étoile, Manu et moi, plus raisonnables, dormiront dans la voiture à l'abris de la poussière et du bruits des camions mais surtout de la rosé du matin qui finira par tremper leurs duvets.

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Que dire de cette grande ligne droite de plus de 1200 kms et des trois jours de route à travers un relief plat et un paysage monotone. Pilotage automatique à bord de notre Patrol, vitesse bloquée à 110 km/h au compteur, notre GPS Garmin lui sera moins généreux 98 km/h, température 45 degrés à l'intérieur du véhicule.

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Notre préoccupation est le voyant de température d'eau mais aucun problème de surchauffe moteur. Nous restons concentrés car nous croiserons sur cette longue et interminable route, des convois de moissonneuses batteuses et leurs cortèges de roulottes nomades sillonnant cette campagne et ces champs tournés vers une culture intensive.

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Nous aurons la surprise de découvrir pendant nos tournages que l'Argentine cultive du soja transgénique mais ici on ne voit pas le problème de la même façon qu'en France, la culture OGM laisse les ouvriers agricoles plutôt indifférents.

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Avant les Andes, campement au camping de la Paz. Nous installons la tente pour la première fois et nous préparons enfin ces fameuses pattes à la sardine que nous dégustons avidement mais cette nuit là les moustiques venus en nombre auront raison de notre bonne humeur...

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Nous reprenons la route de bonne heure profitant de la fraîcheur, sur notre route encore des tracteurs, des machines agricoles et leurs roulottes. Pendant les trois mois de récoltes, les ouvriers agricoles vivent sur place dans une roulotte. Les distances sont si grandes et les cultures si vastes... Au bout d'une de ces nombreuses lignes droites, une paroi droite et impressionnante apparaît, nous sommes enfin aux pieds des Andes. Ces paysages mêlant la culture de la vigne sur fond de montagnes mythiques aux cônes enneigés est tout simplement magnifique !!!

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Pour nous les Andes seront l'occasion de tester la fiabilité de notre turbo. Mistral 4x4 notre préparateur, nous a installé un snockel gros diamètre pour une meilleure prise d'air car en altitude, l'oxygène se fait rare. Notre double ventilo lui aussi sera au banc d'essai.

Un couple de jeunes français au volant de leur tube Citroëne

Surprise, au détour d'une route de montagne prés de Mendoza, nous croisons un couple de jeunes français partis pour un tour du monde au volant de leur tube Citroën.
Il nous indique la petite ville d'Uspalata au pied de la Cordillère. C'est non loin de là que furent tourner les extérieurs du film « Sept ans au Tibet »

Le lendemain matin, nous prenons la piste direction la colline aux sept couleurs, notre 4X4 enfin retrouve le décor naturel avec poussière, trous, et pour une première sur 14 km une piste en tôle ondulée. Moment de plaisir visuel et de pilotage, et surtout l'occasion de tester l'efficacité de nos doubles amortisseurs et de nos lames renforcées recommandées par notre ami Georges Gracier d'Euro 4x4 part.

Nous reprenons le goudron confiant de ce premier test sur terre

Sans aucun doute ces premiers tours de roue sur une piste marqueront notre équipe positivement. Le confort à l'intérieur du 4x4, les sensations de conduite ne sont pas les mêmes qu'en 2000 sur le Cap Paris. Manu notre pilote et mécano sur les deux expéditions est catégorique : « C'est le jour est la nuit, la configuration 2008 est bien supérieure». Nous reprenons le goudron confiant de ce premier test sur terre, il nous faut rejoindre la frontière avant la nuit.

La première difficulté pour notre vieux mais infatigable Patrol est le point culminant de notre route des Andes argentine : « El puente del Inca ». Nous ne sommes qu'à 2700 mètres d'altitude mais notre 4x4 bien chargé, peine et fume d'un noir dense par manque d'air dans la montée.

Manu doit mettre le deuxième ventilateur en route

Notre vitesse de croisière est plafonnée entre 30 et 50 km/h. Il fait frais à l'extérieur, mais notre mano de température d'eau grimpe dangereusement, Manu doit mettre le deuxième ventilateur en route. La montée est longue et interminable, nous sommes obligés de passer de nombreuses fois la première vitesse pour relancer notre 4x4. Régularité et patience, nous voilà enfin au point de contrôle de l'armée argentine, nous parcourons une dizaine de kilomètres de « no man's land » avant de découvrir un grand bâtiment en béton, bâti au milieu de nulle part.

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Nous sommes accueillis par deux militaires chiliens équipés de lunettes noires pas très souriants qui nous indiquent notre lieu de stationnement. A la froideur du temps vient s'additionner la froideur de cette frontière. Nous sommes dans un lieu commun aux deux pays, là nous devons nous acquitter de plusieurs démarches administratives. Carnet de passage en douanes tamponné par les deux pays, nous pouvons enfin subir la fouille canine de notre voiture. Coté Chilien, nous descendons la Cordillère versant atlantique sur des kilomètres de route en lacets dangereux. C'est dans une odeur de plaquettes de camions surchauffées que nous passons de 3000 mètres d'altitude à 0 au frein moteur. route est longue pour Santiago, nous devons faire le plein. Notre surprise est grande en payant, le prix du Gasoil a doublé en peu de kilomètres, le niveau de vie aussi. Ce n'est plus le même pays, aux grandes étendues de pampa sans habitation que nous venons de quitter en Argentine, c'est une multitude de petites maisons que nous longeons sur notre route. Les véhicules aussi ne sont plus les mêmes, en Argentine, nous avions l'impression d'un grand musée de l'automobile (R18, R6, 504 304, 2CV) au Chili le parc automobile est récent et bien entretenu, de gros 4X4 flambant neuf nous doublent à vive allure.
Nous arrivons à Santiago de nuit, Philippe et Nicolas ont rendez-vous dans une communauté indigène Mapuche, Manu et moi nous prenons sans tarder la direction de Valparaiso, de retour sur la route du Che.

Près de Casablanca, petit village chilien, nous passons notre première nuit dans la voiture, la nuit est longue sans duvet, le réveil est difficile, la température extérieure est négative, mais la bonne humeur est toujours de rigueur !!!
Vérification des niveaux avant le départ, un petit rajout d'huile moteur, un tour de clef, notre Nissan lui aussi a du mal à démarrer ce matin. Sur cette côte pacifique, nous faisons deux rencontres à Vina del Mar, des phoques et des lions de mer en train de prendre le soleil sur les rochers et deux mexicains qui entament un tour des deux Amériques à bord de leur 4X4, pour un périple de six mois. Comme nous, ils tiennent un carnet de route photos et vidéos. Vous pouvez suivre l'aventure de nos deux amis mexicains sur leur site Internet suivant : www.xamerica.com.mx

Valparaiso, c'est là que nous retrouvons le récit de nos deux aventuriers Aberto Granado et Ernesto Guevara qui en leur temps avaient séjourné dans cette ville étonnante, perchée sur plusieurs collines où l'architecture coloniale se mêle avec des bâtisses faites de tôles et de bois multicolores. Cette ville portuaire s'étend désormais sur les hauteurs des collines, les constructions restent pourtant inchangées, les maisons continuent d'être montées sur pilotis.

Des phoques et des lions de mer


Plusieurs funiculaires desservent les différents quartiers de la ville. Certains d'entre eux ont près d'un siècle de service. Faute d'entretien et de pièces de rechange, ces funiculaires sont amenés à disparaître. Par chance, l'UNESCO s'y intéresse et quelques-uns sont en passe d'être inscrits au patrimoine mondial.

Valparaiso, sera aussi l'occasion de faire une vérification et un rangement complet de notre 3.3l. : liquide de refroidissement, niveau d'huile, contrôle des points de sécurité ; les niveaux sont correctes, par contre il nous faudra une après-midi pour remettre un peu d'ordre dans un foutra de matériel vidéo, différents accessoires de camping et cuisine. La vie à quatre demande discipline sous peine de ne plus rien retrouver très rapidement. Vendredi 11 avril, il est 18 heures, notre équipe est de nouveau au complet, c'est à la fraîche que nous prenons la route en direction du nord du Chili. Plus de 2000 kilomètres de bitume à parcourir pour notre 4x4 jusqu'à la frontière avec la Bolivie. Nous avons deux jours de route non-stop car notre prochain reportage se trouve dans les mines au nord du Chili.

Cette grande ligne droite, c'est la Panaméricaine qui part de la terre de feu et qui longe toute l'Amérique du sud jusqu'au Mexique. Sur les bords de la route, on trouve des petites chapelles construites en pierre, elles sont là pour nous rappeler les nombreux accidents. J'ai arrêté de les compter au bout d'une centaine de kilomètres et la tombée de la nuit. Elles ont aussi pour vocation de protéger les conducteurs qui empreintent cette fameuse voie de communication qui longe la côte Pacifique. Il est 1 heure du matin, nous dormirons encore une fois dans la voiture, 3 heures au plus, non loin de l'océan avant d'affronter la fournaise du désert. Cette longue bande de bitume est l'univers des super trucks, gros camions américains qui nous double sans limiteur de vitesse. Le décor que nous découvrons est ponctué de stations services à la Bagdad Café et des villages fantômes, tout cela gâché par de nombreux détritus et notamment beaucoup de sacs plastiques.

Le désert d'Atacama

Nous nous relayons au volant, la chaleur dans le 4X4 avoisine les 50 degrés les vitres ouvertes, dans ces conditions la sieste dans notre Patrol se transforme très vite en séance de hammam ! Enfin, nous arrivons aux portes du mythique désert d'Atacama, l'un des plus arides au monde. C'est aussi le désert le plus haut en altitude, la température moteur monte dangereusement, nous devons rouler avec notre deuxième ventilateur. Notre Patrol, modèle de 1988, n'était malheureusement pas à l'époque équipé d'intercooler, nous limitons notre vitesse pour éviter de faire chauffer le turbo et le moteur.
Notre seconde mission est de nous hydrater régulièrement car le danger est de s'endormir au volant et finir comme les nombreux cadavres de camions que nous découvrons le long de cette route qui traverse ce désert d'Atacama. Vastes étendues arides de terre et de cailloux sous un ciel dégagé. La journée le soleil frappe fort, la nuit les températures dégringolent au-dessous de zéro.

L'une des curiosités dans ces vastes étendues sont les villages miniers fantômes. L'un deux le plus impressionnant est inscrit au patrimoine mondial de l'humanité, il date des années 20. Ici, vivaient 7000 personnes travaillant pour l'industrie du salpêtre et du cuivre. Avec le déclin de cette industrie, les travailleurs sont partis laissant derrière eux cette ville fantôme témoin d'un passé industriel.

Un village fantôme

Enfin, au bout de cette longue bande de goudron surchauffé, nous arrivons à Calama, notre point d'arrivée au nord Chili avant la bifurcation vers la Bolivie.
Il est 14 h, cela fait presque 48 h que nous roulons sans trop nous arrêter. La fatigue commence à se faire sentir.

Une pharmacie Mapuche

Par chance, nous nous sommes arrêtés devant une pharmacie Mapuche. Il en existe une dizaine dans le pays. Ces pharmacies vendent des médicaments à base de plantes issues de la culture Mapuche. Cela ressemble beaucoup à nos produits homéopathiques. Victoria, cette pharmacienne Mapuche est également une admiratrice du CHE.Samedi 12 avril, au sortir de Calama, nous bifurquons à l'est, direction la Bolivie.
Il fait très chaud, c'est le milieu de l'après midi, l'environnement extérieur est très aride. Place maintenant aux pistes de terre et de pierres et cela jusqu'à Potosi.
La poussière de la route s'infiltre de toutes parts. Nous prenons la direction du village de Chui Chui où se trouve une très vieille église de couleur blanche qui date de 1611. C'est l'une des premières églises construite dans le nord du Chili par les Espagnols. Le Che était passé par là lors de son second voyage à travers l'Amérique du sud. Nous poussons le portail extérieur fait en bois de cactus, nous restons sous le charme de ce vieil édifice.

Village de Chui Chui

  Depuis quelques années déjà, la sécheresse gagne ce village, une petite coopérative agricole subsiste tant bien que mal. Quatre agriculteurs de Chui Chui se sont réunis pour faire pousser des légumes : salades, oignons, carottes, poireaux, etc. Mais la réserve d'eau est chaque année plus basse et malgré un système d'irrigation bien ficelé, ces agriculteurs ne savent pas combien de temps ils vont pouvoir continuer à récolter. La terre est dure comme de la pierre.

A la sortie du village de Chui Chui, sur la route qui nous emmène en Bolivie, nous trouvons un petit camping. Cette nuit encore nous ne monterons pas notre tente, trop longue à monter, mes collègues se glisseront directement dans un duvet au fond d'une piscine à sec, pour ma part ce sera encore une fois mon bon vieux siège d'Alfa Roméo dans le Nissan. J'ai eu ce soir là comme une intuition, la nuit a été bien froide pour mes camarades d'aventure, même le bout de leurs nez ne dépassait pas du duvet. Tôt le matin, branle-bas de combat, Manu vérifie les niveaux car aucune station service ou dépôt de carburant n'est prévue jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons pour la première fois au Chili la piste en ayant pris soin la veille de faire le plein de notre 3.3l sans oublier les deux jerricans de 20 litres en secours. Depuis plus de quatre heures de piste de terre, nous sommes seuls au bout du monde.
Rares sont les camions qui la fréquentent ou même qui s'y aventurent. Nous avançons à vitesse raisonnable, nous sommes restés en deux roues motrices économisant le Gazoil. J'avais pu constater sur les pistes marocaines l'appétit du 3.3l en position 4 longues, la consommation passe de 12 litres à 20 litres.


Les pneumatiques deviennent un élément important sur ce chemin fait de cailloux et de trous, nos BF ne sont pas à la noce, il ne fait pas bon tomber en panne au milieu de ces étendues désertiques. Pas l'ombre d'un arbre à l'horizon, la végétation est presque inexistante, notre Garmin nous indique un cap à l'est à travers les montagnes érodées par les vents.
Les voyants et niveaux font l'objet de toutes nos attentions, chaque bruit devient suspect pour notre équipage. Notre Patrol fume de plus en plus noir, il peine, nous sommes souvent en seconde, l'altitude et le manque d'oxygène font que le mélange idéal gasoil oxygène dans les chambres de combustion n'est plus aussi parfait.
Nous aussi notre souffle plus court, les petits maux de tête sont les signes que nous montons petit à petit dans la cordillère des Andes.

Nous arrivons enfin à la frontière du Chili. Nous trouvons, au milieu d'un col dans une petite baraque perdue au milieu de nulle part, le garde frontière avec son chien. Nous ferrons quelques kilomètres dans un no man's land avant d'arriver à la douane bolivienne. Une locomotive sortie de nulle part fait son apparition dans un décor de far west. Très peu de personnes passent par cette frontière, nous ne rencontrons aucune difficulté pour passer, 4 ou 5 tampons sur le passeport, aucune vérification de la voiture: nous sommes en Bolivie.

La frontière passée, le Chili disparaît dans le nuage de poussière fine que soulève notre 4x4 sur une piste bolivienne peu hospitalière. Elle se perd dans l'immensité de hauts plateaux, sauvages et désolés, que bordent au loin des cimes enneigées et qu'effile un arc-en-ciel de bleus, froids et durs, à la luminosité presque insoutenable.
Ce que nous redoutions le plus arrive en fin de soirée : la crevaison, bête et méchante. Rageante ! Au bout d'une courte ligne droite, Manu, qui a fait l'essentiel des kilomètres depuis la frontière, l'a presque senti venir, stoppant en douceur le 4X4 lourdement chargé en bord de piste. Sortir le High lift, dévisser les écrous, sortir la caisse à outils, top chrono pour notre équipe car la nuit en altitude tombe très vite. Une demi-heure plus tard, la crevaison n'était plus qu'un mauvais souvenir. Nous avons certes deux roues de secours, mais accéder à la seconde demande un déménagement complet de notre galerie.
Mais, dans le même temps, notre moral avait été regonflé par la vue de ces immensités rayonnant comme un soleil qui sombre à l'horizon.


Sur la tôle ondulée, la prudence est de mise. Chaque secousse rappelle l'urgence de réparer le BF Goodrich crevé. A San Cristobal tout proche, nous trouverons bien âmes qui vivent et des bras ingénieux. L'importance de la crevaison interdisant le recours à une mèche, notre réparateur bolivien en profite pour montrer combien il maîtrisait l'art de la thermo soudure. Pour plus de sécurité, il coince une chambre à air dans le pneu tubeless.
L'opération a pris une demi-heure tout au plus. Elle aura mis sur notre route Alvano, responsable d'une société de transport en Bolivie. Dans un français impeccable, appris sur les bancs de l'Alliance française à La Paz, il nous rappelle les consignes d'usage sur les pistes très cassantes du sud bolivien, à commencer par une « bonne » pression des pneus. Va pour 2kg 500. Va pour Uyuni...

La rivière Collorado nous accompagne tout au long de la piste qui mène à Uyuni. La poussière est encore du voyage. La pluie a depuis longtemps déserté la région.
La ville est située entre la frontière et la ville de Potosi. Elle est le point de départ pour tous ceux, nombreux, qui veulent en découvrir le Salar. A 3.656 mètres d'altitude, cette ville garde les vestiges d'une importante activité ferroviaire. Dans ce décor de far West, il n'y a plus que la nostalgie qui attend les trains. A Uyuni, les vieilles locomotives à vapeur ont depuis longtemps mordu la poussière. Les touristes en sont quittes pour d'autres chemins de traverse...
A 3.600 mètres d'altitude, la blancheur aveuglante des 12.000 km2 du Salar d'Uyuni est comme une provocation au soleil tropical. Une neige de sel tombée il y a des milliers d'années avec l'évaporation des lacs, efface pour l'éternité toute trace de présence humaine ou animale. Mais on n'arrête pas le progrès. Les 4x4 et les camions laissent une empreinte rassurante pour le voyageur égaré. Les deux jour


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